Cadre de réalisation :

Au cours de leurs cursus de formation, les étudiants réalisent, à la demande d’un commanditaire un travail collectif portant sur les politiques publiques relatives à la santé publique vétérinaire, l’alimentation ou la protection des végétaux.

Les termes de références et le budget de l’étude font l’objet d’une négociation préalable entre les commanditaires et l’ENSV.

L’étude doit permettre d’analyser une question se rapportant à la conception, la mise en œuvre, l’évaluation ou la révision de la politique étudiée et d’élaborer à ce sujet des propositions de réponses opérationnelles.

Les étudiants doivent conduire ce projet en suivant le cahier des charges et en respectant l’enveloppe financière allouée.

Les travaux réalisés font l’objet d’un rapport et d’une restitution en fin d’année sous forme de séminaire.

Objectifs de l’étude:

Aujourd’hui, le rapport de l’homme et de l’animal est au cœur d’un débat éthique et moral. La question du droit de l’animal, notamment domestique, relative au « bien-être » a été récemment posée, et le statut juridique de l’animal est d’ailleurs en cours d’évolution. En particulier, l’abattoir, lieu de mise à mort des animaux destinés à être transformés en viande, cristallise de nombreuses préoccupations sociétales sur le bien-être animal. Afin de mieux comprendre comment fonctionnent des situations réunissant hommes et animaux dans l’abattoir, lieu paradoxal de transformation d’un être vivant et «sale» en une viande propre à la consommation, le regard du sociologue peut s’avérer utile.

 

C’est dans ce contexte d’évolution réglementaire, et en réponse à une attente d’ordre public que la DGAL a souhaité confier le sujet de la perception du bien-être animal en abattoir à un groupe d’étudiants en sociologie,  en interrogeant le sens des métiers liés à l’abattoir du point de vue du rapport à l’animal.

L’étude s’est intéressée aux moments où l’animal est vivant dans l’abattoir, qui englobe tous les moments où une interaction homme-animal a lieu et par conséquent, tous les moments où il est question de bien-être animal. Il s’agissait de caractériser les relations « homme- animal » et de les analyser à la lumière de la mise en place des réglementations sur le bien-être animal.

Dans le contexte de l’évolution récente des règlements en matière de bien-être animal, comment les relations homme/animal dans le monde de l’abattoir ont-elles évolué ? Comment le travail des professionnels de l’abattoir interagit-il avec l’animal ? Quel est le ressenti des professionnels sur la douleur animale ?

Quelle est la hiérarchie entre les tâches, entre les personnes : quel est le rôle professionnel de chacun ? Quel impact cela peut-il avoir sur la perception de la douleur animale et sa prise en compte ? Y a-t-il une frontière, une étape de production qui établit une dissociation animal/viande ? Si oui, où se situe-t-elle dans le process et dans la perception des opérateurs ?

Le groupe d’étude a eu à cœur de questionner les relations homme/animal dans le monde de l’abattoir pour envisager comment cette relation constitue un levier ou un frein dans l’atteinte des objectifs visés par la réglementation en termes de bien-être animal.

Ce travail d’enquête a été conduit par 7 étudiants de la promotion du Master Pagers (une étudiante de l’IEP de Lyon et six  nspecteurs de santé publique vétérinaire en formation statutaire), encadrés par Amandine Gautier, doctorante en sciences politiques sur la santé au travail des agents du Ministère en charge de l’agriculture en abattoir.

Un travail bibliographique et documentaire a été réalisé, suivi  d’une enquête exploratoire constituée d’observations en abattoir puis d’une campagne d’entretiens semi-directifs.

Commanditaire :

Direction Générale de l’Alimentation

Rapport: Travail en abattoir et bien-être animal

Cette étude a fait l’objet d’une restitution dans le cadre du colloque « Bien-être animal. Pratiques et perceptions » organisé le 27 mars 2014 sur le campus vétérinaire de Lyon