Cadre de réalisation :

Au cours de leurs cursus de formation, les étudiants réalisent, à la demande d’un commanditaire un travail collectif portant sur les politiques publiques relatives à la santé publique vétérinaire, l’alimentation ou la protection des végétaux.

Les termes de références et le budget de l’étude font l’objet d’une négociation préalable entre les commanditaires et l’ENSV.

L’étude doit permettre d’analyser une question se rapportant à la conception, la mise en œuvre, l’évaluation ou la révision de la politique étudiée et d’élaborer à ce sujet des propositions de réponses opérationnelles.

Les étudiants doivent conduire ce projet en suivant le cahier des charges et en respectant l’enveloppe financière allouée.

Les travaux réalisés font l’objet d’un rapport et d’une restitution en fin d’année sous forme de séminaire.

Objectifs de l’étude:

L’utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire concerne de nombreuses bactéries (pneumocoque, Escherichia coli, etc.) de plus en plus résistantes aux antibiotiques, en faisant ainsi un problème de santé humaine et animale majeur au niveau international, les deux étant intimement liées comme tend à le démontrer le mouvement One Health.

Prescrits aussi bien à titre préventif que curatif chez les hommes et les animaux, les antibiotiques se définissent comme des substances élaborées par un micro-organisme ou produites par synthèse, et capables de détruire ou d’inhiber spécifiquement la croissance de bactéries et de micro-organismes pathogènes.

Les antibiotiques participent au maintien de l’activité et des revenus des éleveurs en réduisant les pertes économiques liées à la mortalité et à la baisse de rendement. Ils représentent donc un bien commun qu’il est nécessaire de préserver en rationalisant leur utilisation.

Cependant, utilisés de façon inconsidérée, les antibiotiques peuvent avoir des effets négatifs sur la santé publique. Ils peuvent en effet sélectionner des résistances bactériennes qui peuvent se disséminer dans l’environnement ou la chaîne alimentaire.

L’antibiorésistance représente donc une menace pour le développement économique, social et sanitaire de nos sociétés, menace connue depuis plusieurs années.

C’est dans ce contexte que le ministère français en charge de l’Agriculture a lancé en novembre 2011 le plan Ecoantibio 2017, qui vise à une réduction de 25% sur 5 ans de l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire.

En filière volaille, comme dans d’autres filières de production, la médecine vétérinaire est une médecine de population et non d’individus. Le recours à la métaphylaxie, c’est-à-dire au traitement de l’ensemble du groupe dès que quelques animaux manifestent des symptômes, est quasi-systématique. En effet, compte tenu de la densité animale, il peut y avoir un risque important de contagion lorsqu’une maladie apparaît. Les antibiotiques sont utilisés en filière avicole pour contrôler certaines maladies infectieuses comme les colibacilloses et, par conséquent, réduire la souffrance animale.

L’utilisation de certaines molécules est remise en question car elles seraient susceptibles de sélectionner des bactéries résistantes aux antibiotiques. Les molécules visées sont les antibiotiques critiques tels que les fluoroquinolones ou les céphalosporines de troisième et quatrième générations, qui favoriseraient notamment la sélection de Campylobacter résistants et de colibacilles producteurs de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE). L’usage de tels antibiotiques peut donc conduire à des échecs thérapeutiques contre ces bactéries pathogènes pour l’homme.
L’étude se focalise sur les pratiques entourant le recours aux antibiotiques par les acteurs de la filière volaille.

Après avoir identifié et cartographié les acteurs de la filière volaille dans la région Rhône-Alpes, elle s’interroge sur l’usage qui est fait des antibiotiques dans cette filière et sur les facteurs qui influent sur leur utilisation. Enfin, elle interroge sur la manière dont se définissent aujourd’hui, au travers des relations entre différentes catégories d’acteurs, les usages légitimes des antibiotiques.

Cette étude a notamment été réalisée au moyen d’entretiens semi-directifs des acteurs identifiés

Commanditaire :

Direction Générale de l’Alimentation

Rapport: Antibiotiques en filière volaille dans la région Rhône-Alpes : rôle des acteurs dans l’émergence et la prévention de l’antibiorésistance